PCL et PostScript : les langages d'impression expliqués
Un langage d'impression (PDL, Page Description Language) est le « langage » dans lequel l'ordinateur décrit une page à l'imprimante : texte, polices, images, mise en page. Les deux standards historiques sont PCL (Printer Command Language, développé par HP, rapide et léger) et PostScript (créé par Adobe, précis pour les graphiques et la PAO). Beaucoup d'imprimantes professionnelles gèrent les deux, plus l'impression PDF directe.
Qu'est-ce qu'un langage d'impression ?
Quand vous lancez une impression, votre ordinateur ne transmet pas une simple image de la page : il envoie une description de cette page dans un langage compris par l'imprimante. Ce langage, appelé PDL (Page Description Language, langage de description de page), indique où placer chaque caractère, quelle police utiliser, comment tracer un trait ou afficher une image. L'imprimante interprète ces instructions et calcule le rendu final : c'est l'étape de rastérisation (RIP, Raster Image Processor).
Les deux langages de référence sont PCL et PostScript. Le choix influe sur la fidélité du rendu, la vitesse et la compatibilité avec certains logiciels professionnels.
Comment ça fonctionne
Les deux langages n'ont pas la même philosophie :
- PCL (Printer Command Language), développé par HP, est un langage relativement léger et rapide. Une partie du traitement est faite par le pilote sur l'ordinateur, ce qui allège la charge de l'imprimante. La version la plus courante aujourd'hui est PCL 6 (PCL XL), orientée objets et plus compacte que l'ancien PCL 5. PCL est idéal pour la bureautique : rapide, économique en mémoire, très bon pour le texte.
- PostScript, créé par Adobe, est un véritable langage de programmation graphique. Il décrit la page de façon totalement indépendante de la résolution (vectoriel), ce qui garantit un rendu identique quelle que soit l'imprimante. PostScript 3 gère finement les courbes, les dégradés, la gestion des couleurs et les polices complexes : c'est la référence en édition, arts graphiques et PAO.
À côté de ces deux standards, la plupart des imprimantes professionnelles récentes acceptent l'impression PDF directe (le fichier PDF est envoyé tel quel et interprété par l'imprimante) et parfois le format XPS de Microsoft. Le PDF direct simplifie les flux de travail car le format source et le format d'impression sont identiques.
Avantages et limites
- PCL — avantage : plus rapide et moins gourmand en mémoire, parfait pour de gros volumes de texte bureautique.
- PCL — limite : rendu légèrement dépendant du modèle d'imprimante ; moins fidèle sur les graphiques complexes et la gestion avancée des couleurs.
- PostScript — avantage : rendu vectoriel identique partout, gestion précise des polices, des dégradés et des couleurs ; standard des flux graphiques.
- PostScript — limite : plus lourd à traiter, nécessite plus de mémoire et un processeur d'imprimante plus puissant ; souvent réservé aux modèles pro.
- PDF direct — avantage : flux simplifié, pas de conversion intermédiaire ; mais dépend de la qualité de l'interpréteur intégré à l'imprimante.
Cas d'usage / pour qui ?
- Bureautique et administration : PCL 6 suffit largement pour rapports, courriers, factures ; rapide et économe.
- Agences, imprimeurs, studios PAO : PostScript 3 indispensable pour un rendu fidèle depuis Illustrator, InDesign ou Photoshop.
- Environnements mixtes : une imprimante gérant PCL + PostScript + PDF couvre tous les besoins d'un parc hétérogène.
- Postes macOS et Linux : PostScript et PDF direct offrent souvent la meilleure compatibilité de pilotes.
Pour une entreprise marocaine avec des services administratifs et un service communication, une imprimante multifonction gérant nativement PCL 6 et PostScript 3 évite d'avoir deux parcs distincts.
Conseils d'achat
- Vérifiez les langages nativement supportés dans la fiche technique (PCL 5e, PCL 6, PostScript 3, PDF direct). « Émulation » PostScript n'est pas toujours aussi fidèle qu'un vrai interpréteur Adobe.
- Pour la PAO, exigez PostScript 3 (ou une émulation de qualité reconnue) afin de garantir la fidélité des fichiers Adobe.
- Pour la bureautique pure, PCL 6 suffit et permet souvent d'acheter un modèle moins cher.
- Contrôlez la mémoire (RAM) de l'imprimante : PostScript et les gros documents graphiques exigent davantage de mémoire pour ne pas ralentir.
- Privilégiez l'impression PDF directe si vos flux reposent surtout sur des PDF : cela simplifie la chaîne et réduit les erreurs de conversion.
- Pensez aux systèmes d'exploitation du parc : vérifiez la disponibilité de pilotes PCL et PostScript pour Windows, macOS et Linux selon vos postes.




